Alcide Giroux dans sa jeunesse, 1980

Alcide Giroux (1945-2018), que ses amis surnommaient « Ti Loup », est ici photographié alors qu’il anime un atelier destiné aux trappeurs des Premières Nations dans le nord de l’Ontario, en 1980.

La carrière de trappeur d’Alcide a débuté en 1951, près de Sturgeon Falls, en Ontario, alors qu’il n’avait que six ans. Sa famille avait emménagé dans la vieille ferme que son grand-père avait construite dans les années 1920. Il n’y avait ni électricité ni plomberie intérieure, et Alcide et ses frères et sœurs devaient traverser la rivière Sturgeon dans un bateau de fortune avant de se rendre à l’école à pied – un trajet qui permettait au jeune Alcide de piéger des lapins pour compléter les orignaux et les castors qui se retrouvaient dans la marmite de sa mère. C’était le « pays de Dieu » à l’époque, se souviendra-t-il plus tard, avec la nature sauvage et la faune tout autour. Leurs lignes de piégeage commençaient à la porte de la ferme.

Quelques années plus tard, le père d’Alcide, Philippe, a construit un remarquable pont suspendu pour faciliter les déplacements de la famille. « Nous avions tellement de visiteurs curieux et indiscrets; ils venaient tous voir la 8e merveille du monde… enfin, la 8e merveille de River Valley! »

Alcide décrivait son père comme « un grand trappeur doté d’un GPS intégré dans le cerveau ». Il a inculqué à ses fils l’importance de respecter les animaux dont ils dépendaient, ce qui signifiait pratiquer le piégeage de la manière la plus humaine possible. « Comme nous n’avions que des pièges à mâchoires à l’époque, papa nous a montré comment construire des pièges subaquatiques qui garantissaient une mort plus rapide aux rats musqués, aux visons et aux castors. »

Alcide est ensuite devenu l’un des principaux défenseurs du piégeage sans cruauté au Canada. À l’âge de 30 ans, en 1975, il rédigeait déjà des articles dans des revues destinées aux trappeurs et animait des ateliers partout en Ontario et au-delà, soulignant l’importance de la recherche et de la mise en œuvre de meilleures techniques de piégeage.

En 1980, en tant que président nouvellement élu de l’Association des trappeurs de l’Ontario, il a appelé les trappeurs à prendre les devants en matière de piégeage sans cruauté, plutôt que de se voir imposer des changements par d’autres.

Lorsque l’Institut canadien de la fourrure a été créé en 1982, afin de mettre en œuvre les recommandations du Comité fédéral-provincial sur le piégeage sans cruauté (1974-1981), Alcide en est devenu un membre fondateur, puis vice-président. Il a parcouru le monde pour apporter son expertise lors de réunions sur la recherche en matière de piégeage et la conservation en Nouvelle-Zélande, en Europe, en Louisiane, en Australie et ailleurs. Lorsque des scientifiques, des politiciens ou des journalistes souhaitaient observer de leurs propres yeux un parcours de pièges, c’étaient le plus souvent Alcide et son épouse Pat qui les accueillaient.

En reconnaissance de ses contributions exceptionnelles, Alcide s’est vu décerner en mai 2005 le prix du « Fourreur de l’année » par le Conseil canadien de la fourrure, lors du Salon nord-américain de la fourrure et de la mode à Montréal (NAFFEM). Dans son discours prononcé devant plus de 600 fabricants de fourrures, créateurs, détaillants et représentants du gouvernement, Alcide leur a rappelé que les trappeurs ne se contentaient pas de fournir de belles fourrures. Ils étaient également les défenseurs de première ligne de l’industrie, en adoptant des pratiques responsables et en sensibilisant la population urbaine – y compris les fourreurs – à l’importance d’utiliser les dons de la nature de manière durable.

Extrait de « Truth About Fur – The Blog » :

Alcide Giroux: My first 60 years enjoying nature as a trapper. Par Alan Herscovici, le 30 juin 2016.

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