La fourrure est-elle écologique?
WatchMojo.com interviewe Alan Herscovici, chercheur principal chez « Truth About Fur » et vice-président exécutif du Conseil canadien de la fourrure de 1997 à 2016. Saviez-vous que porter de la fourrure peut être bénéfique pour l’environnement? Voici les moments forts de l’entrevue.
Alan Herscovici : Certains groupes militants affirment aujourd’hui : « On n’a pas besoin de fourrure. On dispose de toutes ces superbes matières synthétiques », mais la plupart des matières synthétiques sont fabriquées à partir de produits pétrochimiques. Ce sont des ressources non renouvelables, qui posent des problèmes de pollution, etc. La fourrure a donc vraiment un rôle à jouer. Elle existe depuis longtemps. Elle a fait ses preuves. Elle a une longue histoire. Nous voici donc, 400 ans après le début du commerce de la fourrure au Canada. Les biologistes nous disent que les castors sont aussi abondants qu’à l’arrivée des premiers Européens. C’est une véritable réussite environnementale.
WatchMojo : Qu’avez-vous à dire aux personnes qui estiment que la fourrure est contraire à l’éthique?
AH : On ne devrait pas tuer d’animaux pour des raisons futiles, et certains militants affirment qu’un manteau de fourrure relève justement de cette futilité. Mais il faut bien qu’on porte quelque chose. On porte bel et bien des vêtements d’hiver. Quand on considère la fourrure comme un produit naturel, un produit d’une telle longévité, qu’on peut transformer et réinterpréter, qui peut se transmettre de génération en génération et se porter comme un vêtement vintage, c’est tout sauf futile. Et ce n’est pas du tout futile pour les gens qui vivent sur ces terres. Les Cris de la Baie-James mangent du castor et du rat musqué. Ils les chassent pour se nourrir. Il n’y a pas de vaches là-bas. Une fois qu’ils ont mangé la viande, devraient-ils jeter la fourrure?
WatchMojo : Vous avez lancé une initiative appelée FurIsGreen.com. Pouvez-vous nous en parler?
AH : Les gens sont prêts à entendre l’autre version de l’histoire. Le commerce [de la fourrure] est un secteur tellement artisanal, une industrie artisanale patrimoniale, et c’est pour cela que nous n’avons pas entendu l’autre version. Quand on s’en prend à une grande industrie moderne, celle-ci confie la réponse à un service de relations publiques. Si vous n’avez pas entendu l’autre version de l’histoire de la fourrure, c’est parce que ce ne sont pas des communicateurs. Ce sont des trappeurs dans la brousse. Ce sont des fermes familiales. Tout ce qui nous entoure provient de la terre, de gens qui se sont sali les mains. Les bûcherons, les mineurs ou les éleveurs de bétail : toutes ces personnes qui sont la cible de ces campagnes de protestation sont celles qui nous nourrissent et nous habillent. Et il y a quelque chose de bizarre : nous avons eu le privilège que les gens de la campagne aient si bien fait leur travail que la plupart d’entre nous peuvent vivre en ville, avoir les ongles propres, discuter de tout et de rien et appeler ça « travailler ». Que faisons-nous de cette liberté? Nous nous retournons contre les gens de la campagne comme s’il y avait quelque chose qui clochait chez eux, et c’est quelque chose que nous devons changer.





